Les mises en situation de l'examen civique : la méthode et 10 exemples corrigés
Source : ministère de l'Intérieur, informations générales sur l'examen civique, lue le 17 octobre 2026.
Sur les 40 questions de l'examen civique, 12 sont des mises en situation. Vous lisez une petite scène de la vie quotidienne et vous choisissez ce qu'il faut faire. Le ministère de l'Intérieur publie la liste des questions de connaissance (190 à 244 selon la version) ; 28 d'entre elles tombent à l'examen. Les 12 mises en situation ne sont pas publiées. On ne peut donc pas les apprendre par cœur : il faut savoir raisonner avec les règles.
Nous ne connaissons pas les vraies questions. Les 10 exemples de cette page sont écrits par nous, à partir des fiches du ministère, pour s'entraîner à la méthode.
Où sont les mises en situation ?
D'après la présentation de CCI Paris Île-de-France, Le français des affaires, les 12 mises en situation se répartissent ainsi :
- 6 dans le thème Principes et valeurs de la République ;
- 6 dans le thème Droits et devoirs.
Dans nos scénarios, les premières portent sur la laïcité, l'égalité, la devise et les symboles, la liberté d'expression ; les secondes sur les droits fondamentaux et les obligations des personnes qui vivent en France.
Pour réussir, il faut 32 bonnes réponses sur 40, donc au plus 8 erreurs en tout.
La méthode en 4 étapes
- Trouvez la règle. Demandez-vous quelle règle la scène teste : la laïcité, l'égalité, une obligation, un droit. La réponse est dans les fiches de formation civique.
- Éliminez ce qui ne fait rien. Regarder ailleurs, se taire ou « laisser faire » est rarement la bonne réponse quand la loi protège une personne.
- Éliminez la ruse. Contourner la règle (mentir, attendre, s'arranger) n'est pas une réponse juste.
- Éliminez la vengeance. Insulter, frapper ou se faire justice soi-même est exclu. La bonne réponse passe par une personne ou un service prévu pour ça : l'agent, le chef, la police, un juge, le Défenseur des droits.
Dans nos 100 scénarios d'entraînement, chaque scène a quatre réponses de ce type : une conforme à la règle, une où l'on ne fait rien, une où l'on contourne, une où l'on riposte. Le vrai examen peut être construit autrement.
10 exemples corrigés
Exemple 1 : Laïcité
Nour est élève dans un collège public. Elle veut porter un signe religieux bien visible en classe. Que doit-elle faire ?
- A. Elle refuse d'entrer et accuse le collège de ne pas respecter la liberté.
- B. Elle respecte le règlement intérieur et ne porte pas de signe visible.
- C. Elle ne lit pas le règlement intérieur de l'école et porte son signe quand même.
- D. Elle le cache à l'entrée du collège et le montre une fois en classe.
Bonne réponse : B. Dans les écoles publiques, un signe religieux ostensible est interdit. Ostensible veut dire visible, montré à tous. La règle est écrite dans le règlement intérieur.
Pourquoi les autres sont fausses :
- A : La règle du règlement intérieur est légale, et la colère ne la change pas.
- C : Ne pas lire la règle ne permet pas de l'ignorer : elle s'applique à tous les élèves.
- D : L'interdiction concerne justement les signes montrés dans l'école.
La règle : Dans l'école publique, les élèves ne portent pas de signe religieux ostensible.
Fiche du ministère : La laïcité à l'école (1/2)
Exemple 2 : Laïcité
Yassine veut que son fils Sami, élève de collège, ne vienne pas au cours de natation pour des raisons religieuses. Que doit faire Yassine ?
- A. Il laisse Sami suivre le cours, car un cours du programme ne se refuse pas.
- B. Il ne dit rien à l'école et garde Sami à la maison ce jour-là.
- C. Il va à l'école et crie sur le professeur de sport.
- D. Il écrit un faux mot de médecin pour excuser son fils.
Bonne réponse : A. À l'école, on ne refuse pas un cours du programme pour la religion. Cela vaut pour le sport et les sorties scolaires. L'État fixe le programme pour tous.
Pourquoi les autres sont fausses :
- B : Garder son fils à la maison revient à refuser le cours, et c'est interdit.
- C : Crier sur un professeur n'est pas un droit, et le cours reste obligatoire.
- D : Un faux document est un mensonge et ne change pas la règle.
La règle : On ne peut pas refuser un cours du programme pour une raison religieuse.
Fiche du ministère : La laïcité à l'école (1/2)
Exemple 3 : Laïcité
M. Samir va à la préfecture. Il demande à être reçu seulement par un homme, pour des raisons religieuses. Que doit-il faire ?
- A. Il accepte l'agent disponible, car le service public reste le même pour tous.
- B. Il dit qu'il est malade pour obtenir un autre rendez-vous avec un agent homme.
- C. Il part sans rien dire et ne fait pas sa démarche à la préfecture ce jour-là.
- D. Il crie sur l'agente et refuse de s'asseoir dans la salle d'attente.
Bonne réponse : A. Les usagers peuvent exprimer leur religion dans un service public. Mais ils ne peuvent pas demander que le service change pour une religion. Tous les usagers sont traités de la même façon.
Pourquoi les autres sont fausses :
- B : Mentir pour obtenir un agent précis est un détour, pas un droit.
- C : Il perd son rendez-vous, alors que la règle est simple : l'agent disponible le reçoit.
- D : Crier sur un agent n'est pas permis, et cela ne change pas la règle.
La règle : On ne peut pas demander qu'un service public change ses règles à cause d'une religion.
Fiche du ministère : La laïcité dans les services publics
Exemple 4 : Égalité
Bruno cherche un logement. L'agent lui dit que le propriétaire refuse les locataires d'origine étrangère. Que fait Bruno ?
- A. Il part sans rien dire à l'agent et cherche un autre logement ailleurs.
- B. Il donne un faux nom français et de faux papiers à l'agence pour obtenir le logement.
- C. Il dit que c'est une discrimination punie par la loi et cherche de l'aide.
- D. Il insulte l'agent et menace le propriétaire de l'appartement.
Bonne réponse : C. Refuser un logement à cause de l'origine est une discrimination. La loi la punit par des amendes et d'autres sanctions. On réagit avec la loi, pas avec la violence.
Pourquoi les autres sont fausses :
- A : Se taire laisse la discrimination continuer, alors qu'elle est punie.
- B : Mentir sur son nom est un détour : la discrimination reste interdite.
- D : Les menaces sont punies aussi : il doit utiliser la loi, pas la colère.
La règle : La discrimination, par exemple dans le logement, est punie par la loi.
Fiche du ministère : L'égalité (3/3)
Exemple 5 : Espace public
Dans la rue, Paul voit un homme frapper une femme. Il a peur. Que doit-il faire ?
- A. Il se met en sécurité, puis appelle la police en composant le 17.
- B. Il filme la scène et la met sur Internet sans appeler personne.
- C. Il continue son chemin et fait comme s'il n'avait rien vu ni entendu.
- D. Il se jette sur l'homme pour le frapper.
Bonne réponse : A. Un témoin doit agir sans se mettre en danger. Il se protège d'abord, puis il peut appeler les forces de l'ordre. Le numéro de Police secours est le 17.
Pourquoi les autres sont fausses :
- B : Filmer n'aide pas la victime : il faut appeler de l'aide.
- C : Le témoin doit agir : se taire laisse la victime en danger.
- D : Se battre le met en danger, et la violence ne répond pas à la violence.
La règle : Un témoin de violence se protège d'abord, puis aide en appelant les forces de l'ordre.
Fiche du ministère : Le rôle des témoins en cas de violences
Exemple 6 : Voisinage
Il est une heure du matin. Ben fait une fête avec de la musique forte. Sa voisine, Mme Faure, ne peut pas dormir. Que doit faire Ben ?
- A. Il crie à Mme Faure d'aller dormir ailleurs, chez une amie.
- B. Il ferme la fenêtre et laisse la musique forte toute la nuit.
- C. Il laisse la musique forte, car il est chez lui et il fait la fête.
- D. Il baisse la musique : le tapage nocturne est interdit.
Bonne réponse : D. Le tapage nocturne est une contravention, l'infraction la moins grave. Il peut être puni par une amende. La nuit, on respecte le repos des voisins.
Pourquoi les autres sont fausses :
- A : Elle a raison de se plaindre, et crier aggrave le problème.
- B : Le bruit reste fort pour les voisins, et c'est toujours du tapage.
- C : Être chez soi ne permet pas de gêner les voisins la nuit.
La règle : Le tapage nocturne est une infraction, une contravention.
Fiche du ministère : Se conformer aux lois : les infractions (1/2)
Exemple 7 : Obligations
Chen vit en France avec un titre de séjour. Il dit qu'il ne paie pas d'impôts parce qu'il n'est pas français. Que doit faire Chen ?
- A. Il demande à son patron de le payer en liquide, sans papiers.
- B. Il paie ses impôts, comme toute personne qui habite en France.
- C. Il ne regarde pas le courrier des impôts.
- D. Il répond aux impôts par une lettre pleine d'insultes et de menaces.
Bonne réponse : B. Payer des impôts est une obligation pour toute personne qui habite en France, de nationalité française ou non. Les impôts financent les services publics. L'impôt sur le revenu dépend des revenus.
Pourquoi les autres sont fausses :
- A : Cacher ses revenus est une fraude, pas un droit.
- C : Ne pas ouvrir le courrier ne supprime pas l'obligation.
- D : Les insultes ne changent rien : l'obligation reste la même.
La règle : Toute personne qui habite en France respecte les obligations légales, comme payer des impôts.
Fiche du ministère : Les obligations en tant que résident français
Exemple 8 : Espace public
Nicolas est en colère contre le gouvernement. Il veut brûler un drapeau français sur la place du village. Son ami Kevin est avec lui. Que fait Kevin ?
- A. Il lui dit qu'il peut protester par la parole, mais pas détruire le drapeau en public.
- B. Il regarde Nicolas et le laisse faire sans rien dire.
- C. Il propose de brûler le drapeau la nuit, quand il n'y a personne sur la place.
- D. Il frappe Nicolas pour le faire taire et lui prend ses affaires.
Bonne réponse : A. Kevin dit à Nicolas de ne pas détruire le drapeau. Il est interdit de détruire le drapeau français en public ou de l'utiliser de manière dégradante. Nicolas peut dire son avis autrement, par exemple en parlant ou en écrivant.
Pourquoi les autres sont fausses :
- B : Se taire laisse son ami commettre une infraction.
- C : Brûler le drapeau est une infraction, même si peu de personnes le voient.
- D : La violence est interdite, et elle ne règle pas la colère de Nicolas.
La règle : Il est interdit de détruire le drapeau français ou de le dégrader en public.
Fiche du ministère : Le drapeau français
Voir aussi : Le blasphème
Exemple 9 : Justice et police
La police emmène Samuel au commissariat après une bagarre. Il a peur et ne sait pas ce qu'il peut demander. Que fait Samuel ?
- A. Il demande un avocat : c'est un droit, et l'avocat le conseille.
- B. Il invente une histoire pour que la police le laisse partir.
- C. Il s'énerve et insulte les policiers pour leur faire peur.
- D. Il répond à tout sans demander d'aide, parce qu'il a peur.
Bonne réponse : A. Samuel demande un avocat. Le droit à un avocat fait partie des droits de la défense. L'avocat informe, conseille et défend devant la justice.
Pourquoi les autres sont fausses :
- B : Inventer une histoire est un mensonge qui peut aggraver sa situation.
- C : Insulter les policiers est une faute de plus et ne l'aide pas.
- D : Avoir peur ne le prive pas de ses droits : il peut demander de l'aide.
La règle : Une personne a droit à un avocat, qui l'informe, la conseille et la défend.
Fiche du ministère : Les acteurs institutionnels
Voir aussi : Les droits liés à la personne humaine
Exemple 10 : Famille
Rita est mariée. Un soir, elle dit non à son mari. Il répond que, dans un couple marié, elle n'a pas le droit de refuser. Que peut faire Rita ?
- A. Elle fait semblant de dormir chaque soir pour l'éviter, sans rien lui dire.
- B. Elle se tait et accepte pour éviter une dispute avec lui, même si elle ne veut pas.
- C. Elle sait que son refus compte aussi dans un couple. Elle peut appeler le 3919 ou porter plainte.
- D. Elle frappe son mari pour lui faire peur.
Bonne réponse : C. Le refus de Rita doit être respecté. Personne n'a le droit d'imposer un acte sexuel non désiré, même dans un couple. Une femme victime de violence peut appeler le 3919.
Pourquoi les autres sont fausses :
- A : Éviter chaque soir ne règle rien : le problème reste le même.
- B : Accepter par peur n'est pas un accord libre, et la violence continue.
- D : Frapper est une violence interdite, et elle ne règle pas la situation.
La règle : Personne n'a le droit d'imposer un acte sexuel non désiré, même dans un couple.
Fiche du ministère : L'interdition des violences sexuelles
Voir aussi : La protection des victimes de violences
Pour vous entraîner
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Questions fréquentes
Les mises en situation de cette page sont-elles celles de l'examen ? Non. Le ministère ne les publie pas. Nous les avons écrites à partir des règles des fiches de formation civique.
Faut-il connaître les lois par cœur ? Il faut connaître les règles des fiches : laïcité, égalité, droits et obligations de base. Les scènes ne demandent pas de citer un article de loi.
Combien d'erreurs a-t-on le droit de faire ? 8 au maximum sur 40, toutes questions confondues.
Entraînez-vous : 5 questions
Cinq mises en situation d'entraînement, avec la bonne réponse et la fiche officielle qui l'explique.
1. À la mairie, Mme Lefort dit que le buste de Marianne (une petite statue de sa tête) doit partir. Elle dit qu’aucun signe n’est permis dans un service public. Que répond M. Perrin, l’agent ?
- A. Il explique que Marianne représente la République et se trouve dans toutes les mairies.
- B. Il cache le buste derrière un meuble pour éviter les questions des autres personnes présentes.
- C. Il dit à Mme Lefort de sortir de la mairie en criant, devant tous les habitants.
- D. Il ne répond pas et continue de remplir ses papiers sans lever la tête.
Réponse : A. L’agent explique que Marianne représente la République. Son buste est présent dans toutes les mairies. Marianne symbolise le fait que la République est fondée sur la volonté du peuple et la démocratie. Fiche : Marianne.
2. Emma est française. Elle reçoit sa convocation à la Journée Défense et Citoyenneté (JDC). Elle pense que ce n’est pas son affaire. Que fait Emma ?
- A. Elle écrit un message de colère à la mairie contre cette journée.
- B. Elle jette la convocation et n’y pense plus.
- C. Elle demande à son amie d’y aller à sa place.
- D. Elle va à la JDC : participer à la défense du pays est un devoir du citoyen.
Réponse : D. Emma va à la JDC. Les citoyens ont des devoirs, par exemple participer à la défense du pays. La JDC fait découvrir aux jeunes les missions des forces armées. Fiche : Les obligations en tant que citoyen français.
3. Elena dit qu’elle ne veut pas payer d’impôts, car elle n’utilise ni l’hôpital ni l’école. Que répond son ami Théo ?
- A. Il lui conseille de cacher ses revenus pour ne pas payer.
- B. Il explique que chacun paie selon ses revenus.
- C. Il se moque d’elle et la traite d’égoïste devant leurs amis.
- D. Il hausse les épaules et change de sujet sans lui répondre.
Réponse : B. L’impôt permet de faire fonctionner les services publics : police, justice, éducation, hôpitaux. Chacun participe selon ses revenus. Cette obligation est dans la Déclaration de 1789. Fiche : Les obligations en tant que résident français.
4. Pedro joue de la batterie à une heure du matin. Il dit : « Chez moi, je fais ce que je veux. » Que doit-il faire ?
- A. Il continue la nuit en pensant que les voisins ont l'habitude.
- B. Il joue la nuit en baissant à peine le volume pour dire qu'il a fait un effort.
- C. Il arrête la batterie la nuit pour ne pas gêner les voisins.
- D. Il répond aux voisins que c'est chez lui et claque la porte.
Réponse : C. Il arrête la batterie la nuit. Nos libertés sont limitées par les droits des autres. La tranquillité fait partie de l'ordre public. Fiche : La limite des libertés individuelles.
5. Léa apprend que sa sœur Anna est battue par son mari. Anna a honte et pleure. Que peut faire Léa ?
- A. Elle conseille à Anna de cacher les coups sous ses vêtements.
- B. Elle va chez le mari pour le frapper.
- C. Elle écoute Anna et lui donne un numéro d’aide.
- D. Elle ne dit rien : ce sont des affaires de couple.
Réponse : C. Écouter, c’est déjà aider une victime. On peut lui donner un numéro, un site ou un contact. On ne la force pas à agir. Fiche : Le rôle des témoins en cas de violences.
Il y a 40 questions à l'examen. Pour vous entraîner sur un tirage complet, faites le test blanc gratuit.
Sources
- Ministère de l'Intérieur, informations générales sur l'examen civique : 28 questions de connaissance et 12 mises en situation, 32 bonnes réponses sur 40, consulté le 14 octobre 2026.
- CCI Paris Île-de-France, Le français des affaires, présentation de l'examen civique, répartition par thème, consulté le 14 octobre 2026.
- Les fiches de formation civique citées sous chaque exemple, ministère de l'Intérieur, licence Etalab 2.0.
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Hexaciv est un outil indépendant de préparation à l'examen civique. Ce site n'est pas un site officiel et n'est affilié à aucun ministère. Dernière mise à jour : 2026-10-17.